Ce qui a été convenu
Le sommet de l'ONU sur la biodiversité à Erevan s'est clos le 30 octobre sur un accord qui maintient le cadre de Kunming-Montréal en marche et met en place le premier examen mondial formel des progrès vers ses objectifs de 2030. Les délégués de presque tous les pays ont passé deux semaines sur les mécanismes de suivi, de planification nationale et de partage des bénéfices issus des données génétiques.
Les négociateurs ont qualifié le résultat de compromis viable. Les organisations environnementales l'ont jugé plus mince que ne l'exige la science. L'écart entre ces lectures porte largement sur l'argent.
Les fonds en jeu
La journée consacrée au financement a produit des promesses de 60 millions de dollars au Fonds-cadre mondial pour la biodiversité de la part de gouvernements nationaux et infranationaux. Séparément, un groupe de donateurs a ajouté environ 500 millions de dollars au Fonds pour l'environnement mondial et au GBFF, dont 330 millions de livres du Royaume-Uni, 50 millions d'euros de l'Espagne et 4,5 millions de dollars de l'Ouzbékistan. Les engagements totaux pour la neuvième reconstitution du fonds, couvrant juillet 2026 à juin 2030, atteignent désormais près de 4,4 milliards de dollars, dont environ 70 % devraient soutenir des objectifs de biodiversité.
L'Union européenne a également lancé un groupe informel de gouvernements intéressés par les crédits nature, coorganisé avec la France et le Pérou, avec des travaux de suivi prévus au sommet sur le climat en novembre.
L'écart qui subsiste
Les estimations situent le déficit annuel de financement de la biodiversité à environ 700 milliards de dollars, dont l'essentiel prend la forme de subventions qui nuisent à la nature plutôt que de dons manquants. Les militants affirment que les promesses d'Erevan n'en couvrent qu'une fraction, et que la promesse plus difficile — réformer les soutiens aux énergies fossiles, à l'agriculture et à la pêche non durables — a de nouveau été reportée.
La question de savoir si les crédits nature deviendront une source de financement ou une nouvelle instance de discussion sera tranchée dans les deux prochaines années, à mesure que les pays soumettront leurs plans nationaux révisés et que l'échéance de 2030 approche. Le sommet a au moins laissé le processus intact, ce dont plusieurs délégations doutaient en privé au début de la deuxième semaine.