Santé

L'épidémie d'Ebola en RDC dépasse les 10 000 cas sans vaccin homologué

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Un seuil que personne ne souhaitait

Plus de 10 000 personnes ont été infectées par l'épidémie d'Ebola en République démocratique du Congo depuis sa déclaration en mai, selon les derniers chiffres officiels. C'est l'épidémie qui progresse le plus vite jamais enregistrée. Au 19 octobre, la RDC avait signalé 9 277 cas confirmés et 4 478 décès dans 64 des 167 zones de santé du pays, dans huit provinces dont l'Ituri, le Nord-Kivu, le Sud-Kivu et la Tshopo. Le cap des 10 000 a été franchi dans les jours qui ont suivi.

Aucun vaccin homologué pour ce virus

L'épidémie est causée par le virus Bundibugyo, l'un des ebolavirus. Il n'existe ni vaccin ni traitement approuvé, si bien que les vaccins et les anticorps qui avaient contribué à contenir des épidémies antérieures de la souche Zaïre ne s'appliquent pas directement. L'Organisation mondiale de la santé a déclaré l'épidémie urgence de santé publique de portée internationale.

Les équipes de riposte s'appuient sur le traçage des contacts, les unités d'isolement et les enterrements sécurisés. Une enquête d'octobre menée par l'International Rescue Committee a révélé que 85 % des personnes interrogées au Nord-Kivu, foyer actuel, déclaraient que la méfiance envers les intervenants communautaires les empêchait de se faire soigner.

Une propagation au-delà des frontières de la RDC

Des cas ont été importés au Kenya et au Nigeria. Le Nigeria a signalé un cas le 20 octobre chez une personne ayant voyagé en Ouganda, qui a développé des symptômes le 7 octobre, consulté le 11 octobre et testé positif le 20 octobre. Quarante-quatre contacts sont suivis. L'épidémie ougandaise s'est achevée le 2 septembre, et quelques cas importés en Europe ont été traités sans propagation ultérieure.

Les organisations humanitaires indiquent que moins de soignants américains et internationaux sont déployés cette fois, en partie parce que la politique américaine pourrait ne pas permettre leur retour s'ils tombent malades, laissant davantage de charge aux personnels congolais et régionaux. Le paludisme, le choléra et la rougeole se propagent dans les mêmes zones, et la malnutrition infantile s'aggrave, ce qui complique le traçage et le traitement précisément là où le virus progresse le plus vite.

Source : NPR