Une annonce de meeting, pas une règle définitive
Le président Donald Trump a déclaré mardi que son administration « mettait fin » à une règle de l'ère Biden visant à réduire les émissions de méthane de l'extraction pétrolière et gazière. Il a fait cette déclaration lors d'un meeting de campagne à Lubbock, au Texas, où il soutenait le candidat républicain au Sénat Ken Paxton.
Trump a affirmé que ce changement permettrait d'économiser 45 milliards de dollars pour les consommateurs et les producteurs et de libérer 210 millions de barils de pétrole, soit environ dix jours de consommation pétrolière américaine. La Maison-Blanche est sous pression sur les coûts des carburants avant les élections de mi-mandat du 3 novembre, le brut Brent s'échangeant près de 114 dollars le baril et l'essence coûtant en moyenne environ 3,17 dollars le gallon.
Ce que faisait la règle
La réglementation antérieure obligeait les entreprises à détecter et réparer les fuites, et fixait des limites au torchage et aux équipements sur les sites de puits. L'administrateur de l'EPA, Lee Zeldin, avait présenté les changements le mois dernier, indiquant que l'agence supprimerait son « Super Emitter Program », qui oblige les opérateurs à enquêter sur les grandes fuites de méthane détectées par satellite et à les réparer, et fixerait des normes plus souples pour les petits puits.
Le méthane est le principal composant du gaz naturel et retient bien plus de chaleur que le dioxyde de carbone sur de courtes périodes. Les scientifiques estiment qu'il représente environ un tiers des gaz à effet de serre responsables du réchauffement, et les activités pétrolières et gazières en sont la plus grande source industrielle. Le gaz s'échappe des têtes de puits, des pipelines et des stations de compression, ou est brûlé comme déchet faute de pipeline pour l'évacuer.
Une pièce d'un démantèlement plus large
Cette mesure s'inscrit dans un démantèlement plus vaste de la politique climatique. L'administration a révoqué la conclusion scientifique qui fonde la réglementation fédérale sur les gaz à effet de serre, abaissé les normes d'économie de carburant des véhicules et abrogé les limites d'émissions des centrales au charbon et au gaz, une abrogation contestée par 25 États, comtés et villes.
Les groupes environnementaux affirment que les économies annoncées n'atteindront pas les automobilistes et que les coûts sanitaires de la pollution supplémentaire seront plus élevés, en particulier pour les communautés proches des puits et des stations de compression. Les organisations industrielles soutiennent que les petits opérateurs ne peuvent absorber les coûts de conformité. Une abrogation formelle doit encore passer par la procédure réglementaire, et des contentieux sont attendus, sur le modèle de l'affaire des centrales électriques.