Un juge fédéral a ordonné au Kennedy Center de donner un préavis de 30 jours avant de démolir son bâtiment principal ou d'apporter tout autre changement physique majeur, une décision qui bloque une action rapide de l'administration Trump.
Le juge Christopher Cooper a rendu cette ordonnance jeudi. Il a aussi rejeté la demande d'audience d'urgence de la représentante Joyce Beatty, démocrate de l'Ohio siégeant au conseil. Le juge a déclaré que l'exigence de préavis permettrait « d'éviter toute confusion à ce sujet compte tenu des événements récents ».
Le bâtiment fermé pour travaux
Le conseil du centre, présidé par le président Donald Trump et composé de ses nominations, a voté mardi en faveur d'une rénovation de 257 millions de dollars. Le bâtiment a fermé au public mercredi. Son directeur exécutif, nommé par Trump, a justifié cette fermeture par une détérioration structurelle présentant selon lui des risques intenables pour la sécurité. L'administration a diffusé une vidéo montrant des morceaux de plafond qui tombent.
La bataille du nom
Le litige remonte à une décision de mai dans laquelle Cooper a jugé que le centre avait illégalement ajouté le nom de Trump au bâtiment et ordonné son retrait. L'institution a démonté les lettres en juin, laissant une bâche et un échafaudage. Trump a dit vouloir son nom restauré et menacé de démolir le bâtiment sinon. Il a aussi affirmé que la rénovation devrait coûter plus de 200 millions de dollars, alors que le plan du conseil est chiffré à 257 millions.
Ce que la cour a autorisé
Cooper a jugé plus tôt que rien ne pouvait se faire « sans la bénédiction du Congrès », et il a bloqué un plan de fermeture en juillet, estimant la décision prise au mépris du devoir de prudence des administrateurs. Il a laissé le conseil libre de réessayer par un vote réfléchi et indépendant, ce que le conseil dit avoir fait cette semaine. Beatty soutient que ce nouveau vote viole l'ordonnance de la cour.
Le préavis de 30 jours laisse aux opposants le temps de demander d'autres recours. Des ouvriers ont été photographiés en train de remplacer des parties d'une clôture temporaire autour du site, et des élus des deux partis s'interrogent sur la fermeture soudaine d'une institution artistique nationale qui accueille des centaines de spectacles chaque année.