Une ordonnance rendue en quelques heures
Une juge fédérale de Californie a interdit vendredi soir au ministère de la Justice de menacer ou de contraindre les responsables électoraux qui traitent les bulletins des élections de mi-mandat. La juge Trina Thompson, du tribunal de district nord de Californie, a rendu une ordonnance de protection temporaire de huit pages en réponse à une plainte déposée le jour même par des syndicats représentant les agents électoraux. L'ordonnance est intervenue sans que le ministère ait pu présenter ses arguments, une démarche inhabituelle qui traduit l'urgence d'un dépouillement déjà en cours.
Thompson a écrit que de hauts responsables du ministère de la Justice et du ministère de la Sécurité intérieure avaient mené « une campagne visant à intimider, menacer et contraindre » le personnel étatique et local chargé d'administrer le scrutin. L'ordonnance interdit toute demande faite aux responsables de suspendre le traitement d'un bulletin au motif que l'électeur serait inéligible, sans qu'un tribunal l'ait constaté.
Une troisième défaite autour de 20 000 bulletins
La décision a conclu une semaine judiciaire difficile pour l'administration. Mercredi, un autre juge fédéral californien a refusé de contraindre l'État à mettre de côté plus de 20 000 bulletins que le gouvernement estime avoir pu être déposés par des non-citoyens, jugeant que la demande violerait les règles constitutionnelles qui confient l'administration des élections aux États. Une cour d'appel a rejeté la même demande vendredi. Le ministère de la Justice avait également envoyé des assignations et des courriers à des responsables locaux, ce que les syndicats ont qualifié de pression pour arrêter le décompte.
Quatre jours avant la fin du vote
Le jour du scrutin est mardi. Des millions de bulletins sont déjà ouverts et vérifiés dans les bureaux des comtés, et l'effet concret de l'ordonnance est de maintenir ce travail sans que les responsables remettent en cause chaque enveloppe. Le ministère n'a pas indiqué s'il ferait appel. Les organisations de défense des droits de vote ont salué une garde-fou. Les partisans du réexamen des bulletins y ont vu un excès de pouvoir judiciaire. Les deux camps attendent désormais le décompte, et tout signe de la façon dont le litige pèsera sur la participation dans les derniers jours.