Une lecture de l'inflation plus élevée que prévu a fortement accru la probabilité que la Réserve fédérale relève ses taux la semaine prochaine, ce qui serait sa première hausse depuis 2023.
Le Bureau of Labor Statistics a indiqué que l'indice des prix à la consommation a progressé de 3,4 % sur douze mois jusqu'en août, même rythme annuel qu'en juillet et au-dessus de l'objectif de 2 % de la Fed. Les prix ont augmenté de 0,4 % sur un mois, plus vite que les 0,1 % de juillet. L'inflation sous-jacente, hors alimentation et énergie, a crû de 2,4 % sur un an, contre 2,5 % en juillet.
Les marchés réévaluent la réunion de septembre
Après le rapport, les traders utilisant l'outil FedWatch du CME Group estimaient à près de 90 % la probabilité d'une hausse d'un quart de point lors de la réunion du 16 septembre, contre environ 70 % la veille. EY-Parthenon est passé d'un statu quo à une hausse de 25 points de base, ce qui porterait les taux fédéraux à une fourchette cible de 3,75 % à 4 %.
La Fed avait maintenu ses taux entre 3,5 % et 3,75 % en juillet par un vote de 9 voix contre 3, trois responsables jugeant nécessaire une hausse. Le président Kevin Warsh a déclaré lors de son discours de Jackson Hole le 28 août que l'inflation restait trop élevée et que le comité avait encore du travail. Tous les économistes ne partagent pas cet avis : un sondage Reuters publié avant les chiffres montrait qu'une majorité s'attendait encore à un statu quo jusqu'à la fin de 2026.
Le choc énergétique complique la donne
Une grande part des pressions récentes vient de l'énergie. Les combats au Moyen-Orient ont poussé le brut au-dessus de 100 dollars le baril, et les prix à la production ont augmenté de 5,4 % sur un an en août. La hausse des carburants s'est répercutée sur le fret, les billets d'avion et l'électricité, même si les prix de l'essence ont reculé sur un mois.
Les actions ont chuté cette semaine tandis que le pétrole montait et que les rendements obligataires augmentaient, signe que les investisseurs anticipent un resserrement monétaire. La décision du 16 septembre s'accompagnera de projections actualisées et d'un nouveau dot plot, offrant aux marchés leur vision la plus claire de l'orientation des taux jusqu'en 2027.